Les momies du Pérou : analyse des radios.

Introduction.

J’avais déjà longuement parlé de la main extraterrestre découverte au Pérou. L’affaire a pris une grande ampleur depuis, et il me paraît nécessaire de refaire le point sur tout cela.

Je ne parlerai pas ici des protagonistes et de l’histoire rocambolesque qui entoure les « momies extraterrestres » et leur découverte. Je me concentrerai sur les radiographies. Mentionnons simplement qu’on ignore d’où sortent ces momies, qu’elles auraient été découvertes par des pilleurs de tombes au Pérou, dans une grotte où une mystérieuse force détruit tous le matériel électronique, et où des êtres étranges bien vivants ont été vus.

Première question : est-il possible de tirer des conclusions à partir de photos ou de capture d’écran des radios ?

En fait, oui. On en voit suffisamment pour relever des incohérences.

Les images (radiographies et scanners) en haute résolution permettraient une analyse plus fine, mais ne sont pas nécessaire pour conclure.

Je note aussi une chose : contrairement à ce que dit et répète Jamin, aucune IRM n’a été réalisée. Il s’agit toujours de scanners, mais Jamin qui ne comprends pas les termes techniques traduits systématiquement mal…

 

Rapide rappel sur les mains à trois doigts.

Je vous renvoie évidemment à mon article ici.

Mais revoyons un peu cette main. Une image vaut parfois mieux qu’un long discours.

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On constate plusieurs choses :

  • Les trois premières phalanges de chaque doigt correspondent à un vrai doigt, correctement articulé.
  • Les autres « phalanges » sont un mélanges de phalanges et de métacarpiens posés à la suite, dont certains sont de profil au lieu d’être de face.
  • Les articulations sont pour beaucoup fictives : en bleu, par exemple, je signale une zone où deux surfaces convexes se font faces (aucun mouvement n’est possible, il n’y a pas de vrai contact articulaire).
  • La « paume » est un assemblage en vrac d’os cassés et de phalanges.

 

Momie no 1 : le bonhomme-bâtonnet.

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Je commence par celle-là parce que c’est la plus ridicule.

Listons simplement les aberrations :

  • absence de colonne vertébrale (en lieu et place, deux os creux brisés à leurs extrémités) ;
  • absence d’articulations, avec des os qui sont là-encore brisés aux extrémités et qui se touchent sans mobilité possible (cette photo de radio est de mauvaise qualité, mais regardez les épaules où les « clavicules » et les « humérus » se touchent simplement, ou encore les hanches où les « fémur » ne semblent reliés à rien) ;
  • tous les os sont rectilignes, et ne possèdent aucun des reliefs habituels (comparez par exemple la partie supérieur du fémur avec celle de n’importe quel animal) et n’ont ni épiphyse ni surface articulaire (seulement un diaphyse brisée aux extrémités) ;
  • difficile de se prononcer sur le bassin, qui a l’air absent (dans la limite où le tronc n’est pas bien visible en raison de la qualité de l’image, et en raison des deux opacités qui correspondent à des structures très denses et pleines) ;
  • il ne semble y avoir que trois paires de côtes (on voit très mal) ;
  • présence de deux structures denses au niveau du bassin, qui ne peuvent en aucun cas correspondre à des os coxaux (en l’absence de radio de profil, difficile d’en dire bien plus néanmoins).

Une photo légèrement meilleure montre les genoux.

La légende se permet de dire « Les os sont connectés par des articulations ». C’est tout simplement faux. On distingue assez nettement que ces « genoux » sont simplement la jonction d’os cassés lié par quelque chose de dense et homogène, peut-être une pâte utilisée pour lier solidement les os.

Alien Project - Genou.png

Voyez la différence entre un genou humain et cette « articulation » qui n’en est pas une.

Notez aussi l’absence de cubitus dans l’avant-bras et de péroné dans la jambe (ce qui n’existe chez aucun vertébré, et qui ne empêcherait la plupart des mouvements).

 

Josefina : la momie tétraplégique.

Celle-ci est bien mieux faite que la précédente.

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Déjà, il y a une vraie colonne vertébrale. Pas de bol, les vertèbres ne s’alignent pas correctement…

Je passe outre les implants mammaires en métal, et voyez par vous-mêmes le décalage qui existe entre les vertèbres cervicales et les vertèbres dorsales. Il y a deux colonnes assemblées, on le voit.

Alien Project - Décalage de colonne (Josefina)

Et pour les petits malins qui penseraient à un accident (du genre qui aurait rendu Josefina tétraplégique), je ferais remarquer que les deux séries de vertèbres sont trop différentes pour aller ensemble (preuve du montage) et même que les vertèbres du haut ne sont probablement pas des vertèbres cervicales (bien trop grosses et larges, on dirait plutôt des vertèbres basses). Ces vertèbres ne permettent qu’une très légère mobilité de la nuque.

Je parlerai plus loin des côtes, qui mérite un chapitre à part.

Les articulations sont plus convaincantes que chez le bonhomme-bâtonnet, mais restent complètement farfelues. Voyez par exemple l’épaule, qui au premier coup d’œil choque moins que celle de la précédente momie, mais qui lorsque l’on se penche dessus ne peut pas être mobile.

Alien Project - Epaule

Et là encore, l’extrémité inférieur des humérus n’est pas une épiphyse, mais une fracture (très bien visible sur celle de droite, à votre gauche).

 

Les œufs de Josefina.

Les trois opacités visibles au niveau du bassin sont, à ce qu’il se dit, des œufs.

Je n’y connais pas grand-chose en radiographie d’œufs, mais comparons rapidement.

Oeufs normaux

On voit que les vrais œufs sont partiellement opaques : on distingue bien les structures en avant et en arrière. Les « œufs » de Josefina sont complètement opaques, et ressemblent bien plus à des cailloux. D’ailleurs, ils n’ont même pas une forme d’œufs : ni ovoïde, ni sphérique, ni rien. Irréguliers et informes.

Alors qu’est-ce que c’est ? Possiblement des cailloux. En tout cas quelque chose de très dense, et certainement pas creux.

 

Maria : la vraie momie trafiquée.

Maria ressemble à une momie humaine tout ce qu’il y a de plus normale, hormis deux détails : d’une part la présence (encore !) de cette étrange poudre qu’on trouve sur toutes ces reliques mais qui n’existent sur aucune momie connue jusque-là, et d’autre part des mains et des pieds possédant seulement trois doigts, anormalement allongés.

Cette momie est celle qui a le plus convaincu.

Voyons les pieds.

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Oui, ça fait très bizarre. Et les radios ne mettent cette fois pas en évidence de montage. Rien n’a été ajouté. Par contre, on devine facilement comment ces pieds ont été récréés seulement en retirant de la matière.

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J’ai sans la moindre honte emprunté cette image et la suivante à Mick West (https://www.metabunk.org/hoax-three-fingered-nazca-mummy.t8841/#post-207561). Elles sont bien plus réussies que ce que j’avais tenté de faire.

On comprend aisément que les os sont normaux. La seule chose, c’est que, manifestement, toute la colonne des doigts 1 et 5 a été retiré (soit métatarses + phalanges), que les trois restant ont été écarté (notamment en découpant l’avant-pied pour séparer les métatarses entre eux.

On peut très bien reproduire le même effet sur une radiographie de main.

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Magie ! Une main extraterrestre plus vraie que nature, simplement en retirant quelque os et en taillant la chair qui relie les métacarpes.

On voit donc comment récréer des mains et des pieds similaires à ceux de Maria à partir de mains et pieds humains normaux. Le reste de la momie ne présente pas de particularités.

 

Maria ou Mario ?

Les résultats ADN sont tombés : Maria était un homme. Pas de bol. En tout cas, parfaitement humain.

 

 

Victoria : la momie décapitée.

Celui qui voit des artères et des tendons ici a beaucoup d’imagination…

On voit surtout que, sous la couche de poudre, le squelette est recouvert d’une sorte de tissu, un assemblage de fibres d’allure végétale.

Aucun animal ne présente ce genre de choses.

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Les crânes.

De nombreux crânes circulent. Ils sont assez similaires, que ce soit en terme d’aspect extérieur ou en terme de radiographie.

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On remarque donc un visage qui correspond tout à fait à l’image que l’on peut se faire d’un extraterrestre.

Quand on regarde les radios, par contre, quelque chose choque…

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Vous voyez ? Non ?

Il n’y a pas de face osseuse ! Les têtes ont des yeux, mais pas d’orbites, des bouches mais pas de mâchoires. Sous le visage, il n’y a aucun os… Ni mandibule, ni rien. Seulement une boîte crânienne.

Certains avancent qu’il pourrait s’agir de crânes de petits mammifères qui aurait été rabotés, et sur lesquels des visages auraient été modelé.

C’est vraisemblable, d’autant plus qu’une fois encore, ils sont recouverts de la fameuse poudre blanche.

 

Les côtes.

Sujet délicat : aucune des « momies » ne possèdent de cage thoracique crédible. Je vous laisse vous faire une idée puis je commenterai.

Image.

Il y a comme un truc, hein ?

Outre le nombre variable et folklorique de côtes selon les momies, on constate l’absence de fonctionnalité de tout cela. Les côtes ne sont pas reliées aux vertèbres, et il n’y a même pas de sternum. Elles n’ont pas de mobilité. Cela ne permet pas de respirer…

Bon, en plus, chez Josefina, on remarque qu’il n’y a pas de côtes immédiatement sous les clavicules. Les premières côtes sont situées en dessous des implants mammaires… Ce qui n’a évidemment aucun sens physiologique.

 

 

 

 

 

Conclusion.

Faisons le point : les squelettes ne possèdent pas d’articulations (les os sont collés les uns aux autres), les os sont pour la plupart des fragments (on voit bien les zones où ils ont été cassés), il existe du matériel non organique (métal, cailloux ?), certains ne possèdent pas de colonne vertébrale mais simplement un bout d’os allongé et d’autres possèdent une colonne composite. Et dans tous les cas, la peau n’est pas visible car recouverte d’une poudre blanche ou d’une sorte de plâtre qui n’est présent sur aucune momie connue jusqu’alors…

Rien n’est crédible.

Mais alors rien.

Maria est manifestement un authentique corps humain. Les seules modifications ont consisté à retirer aux mains et aux pieds les colonnes des premiers et cinquièmes doigts, puis à séparer les métacarpiens et métatarsiens restant en coupant dans la chair.

Les autres corps sont, de toute évidence, des montages grossiers réalisés à partir d’os humains (pour les mains) ou d’animaux divers (pour les petits corps et les têtes).

 

 

 

 

 

 

 

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Stop Mensonge et la main extra-terrestre

J’imagine que les récentes découvertes péruviennes n’ont échappés à personne. En tout cas à personne qui s’intéresse un peu à l’ufologie.

Le sujet est intéressant en soi, mais manque de chance, je ne l’aborderai ici que sous l’angle de Stop Mensonge, puisque ce qui m’intéresse ici, c’est sa façon d’aborder la chose. Qui à mon avis est très représentative des médias relayant ce genre d’informations, d’ailleurs.

Parlons surtout, parmi toutes les reliques mises au jour, de cette fameuse main extraterrestre.

Deux articles sur le sujet ont été publiés sur le site :

Déjà, on voit qu’ils n’ont absolument pas froid aux yeux : la main est extra-terrestre, et ça n’a pas l’air d’être une hypothèse : c’est balancé comme un fait.

Bon, peut-être qu’ils sont sûrs d’eux, et que l’article apportera du fond, du concret. Des preuves, quoi.

 

Premier article.

J’évacue tout de suite une chose : à aucun moment le premier article ne précise qui est ce « particulier » qui aurait retrouvé la main selon le titre. L’information est donc est peu tronquée, et manifestement sert surtout à bien appuyer sur le fait que la main n’a pas été retrouvée par une quelconque institution, ou par un quelconque archéologue officiel.

Je trouve la précision intéressante : qu’un particulier ait découvert cette main est avancé comme un argument. Stop Mensonge et les autres sites du même genre ont ce genre d’habitudes.

On apprend peu de chose sur le contexte de la découverte : en janvier 2016, dans le Sud du Pérou. L’article n’en dit pas plus[1].

Le premier article fournit ensuite des photos de la main (de bonne qualité), et un texte de description.

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Une phrase attire l’œil :

D’après certaines estimations de médecins, d’archéologues et d’anthropologues, cette main appartenait à un individu dont la taille s’élevait peut-être entre 2,70 m et un peu plus de 3,00 mètres…

On ne saura pas qui sont ces médecins, archéologues et anthropologues, et surtout sur la base de quoi ils affirment que l’individu mesurait entre 2,70 et 3,00 mètres (estimation qui de toute évidence vient de l’anglais, soit 9 à 10 pieds).

Une grande main ne signifie pas un grand corps : les orang-outangs en sont la preuve vivante parmi nos plus proches cousins.

Mais peu importe.

 

Deuxième article.

Ce deuxième article ne contient pas de texte, mais apporte des choses intéressante : une vidéo d’une dizaine de minutes, et des radiographies de la main.

La vidéo est étonnante. Une musique épique nous plonge directement dans une ambiance mystérieuse.

Ensuite, un homme en blouse blanche et gant de latex examine et décrit la main. Un autre homme, hors champ, est également présent.

Je ne comprends pas la langue, il n’y a pas de sous-titre, donc je ne comprends donc pas tout ce qui est dit. Des mots semblent revenir souvent, comme « articulations » et « fonction ».

Mais des doigts si longs et articulés sont-ils vraiment pratiques ? Je n’imagine pas une telle main capable de tenir quoi que ce soit. Mais ce n’est pas le sujet, je pense.

 

Aspect générale de la main.

J’ai vu beaucoup de mains de momie (en vrai ou en photo), qu’elles soient égyptienne ou non, qu’elles soient issues d’une momification naturelle ou d’une momification artificielle. Eh bien je n’en ai jamais vu une comme ça.

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Celle-là ressemble surtout à une main en plâtre.

En plus de la couleur et du grain, il faut bien constater que ça craquelle par endroit, et que certains reliefs des doigts ont un aspect moulés.

Cela ne prouve rien, bien sûr, mais déjà cette chose, de prime abord, ne me semble pas être bien crédible.

 

Radiographie de la main.

La radiographie de la main est édifiante. Les doigts sont des suites de phalanges manifestement  désappariées et disposées à la suite les unes des autres. La paume, elle, est un amas d’os cassés en vrac.

Je pense que si l’aspect extérieur de la main est douteux, la radiographie amène une certitude : il s’agit d’un faux.

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Certaines phalanges de sont de face, d’autres de profil… C’est particulièrement visible sur le doigt le plus haut sur l’image.

À y regarder de plus près, les trois dernières phalanges de chaque doigt ressemblent à un vrai doigt humain : elles sont vraiment emboîtées, contrairement aux autres qui ne sont pas réellement articulées entre elles, et sont correctement orientées les unes par rapport aux autres.

Les autres phalanges de chaque doigt semblent donc avoir été ajoutées, et ressemblent plutôt à des métacarpiens qu’à de vraies phalanges.

Quant à la paume, elle est en vrac, je le disais, et certains os sont manifestement des phalanges.

L’explication avancée est que la main a subi un choc, et qu’il y a donc des fractures. Cela n’explique pas la présence de phalanges à cet endroit, et cela ne ressemble à aucune radiographie de fracture que vous pourriez trouver sur Internet. D’ailleurs, les bouts brisés ont des diamètres légèrement différents, et on serait bien en peine de reconstituer quelque chose de cohérent. Et plus encore, il y a suffisamment d’os pour en faire cinq lignes dans la paume. À moins qu’il manque deux doigts, c’est encore un problème.

 

Les protagonistes.

Il y a deux individus dans la vidéo. L’homme en blouse, je ne comprends pas qui il est. Ni les articles ni la vidéo ne sont clairs : il semble être un local, et être docteur. On n’en sait pas plus.

L’autre, avec son accent français, semble être Thierry Jamin. On le devine, en tout cas.

Pour ceux qui ne connaisse pas Jamin, il faut le dire, c’est un de ces Indiana Jones des temps moderne, et il est plus souvent impliqué dans des découvertes mystérieuses que dans de l’archéologie classique.

Je n’ai pas vraiment d’opinion sur lui. Il semble sincère dans ses démarches. Je vous l’accorde, c’est souvent insuffisant, mais c’est déjà ça.

En tout cas, il est manifestement l’auteur du texte du premier article. Article qui s’est donc contenté de reprendre au mot près une déclaration du principal promoteur de la découverte de la main.

Et ça, c’est pas du travail de journaliste : c’est du travail d’attaché de presse.

 

L’angle d’attaque de Stop Mensonge.

Quand je vois tout ça, moi, j’ai de gros doutes. Le peu qu’offrent ces articles fait plutôt pencher la balance du côté de la contrefaçon que du côté de l’authentique. Rien ne peut être prouvé ni dans un sens ni dans l’autre, mais ça ne sent pas bon.

Mais que dit l’article ?

L’article est catégorique : il n’émet aucun doute sur la véracité de la main, et paraît convaincu qu’elle est d’origine extraterrestre.

Aucune preuve concrète n’est avancée, aucun recul n’est pris par rapport aux affirmations des découvreurs de la main, rien n’est remis en question.

L’article est très oriente, et finalement informe peu. Il se contente de relayer une information sans remise en question, et n’apporte finalement que peu d’éléments.

Stop Mensonge fait également ici un travail de promotion plutôt qu’un travail de reporter. C’est souvent le cas : Stop Mensonge a plutôt tendance à relayer des informations qu’à effectuer un véritable travail de recherche. Et puisque ses sources sont des sites similaires ou les auteurs mêmes des découvertes sans qu’aucun avis contradictoire ne soit recherché, cela en dit long sur la qualité des informations qu’on peut lire sur ce site.

 

Conclusion.

Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’attendre les tests ADN comme l’estime l’article : cette main a toute les chances d’être un faux. Il pourrait y avoir de l’ADN humain, puisque les os sont de vrais os et ressemble à des os humains. Peut-être de l’ADN animal, en vérité. Ou les deux. J’aurais dû mal à affirmer grand-chose de plus précis.

Mais en tout cas, rien n’indique que cette main soit vraie (au contraire !) et rien n’indique qu’elle soit extra-terrestre (même si elle était vraie, elle serait bizarre, mais de là dire extra-terrestre…).

Ici, Stop Mensonge fait, au mieux, de la spéculation hâtive. Il n’y a aucune remise en question, aucun conditionnel. Les articles affirment que cette main est une main extra-terrestre, sans le moindre recul, alors qu’il y a tout de même de sérieux doutes à avoir sur l’authenticité, et encore plus sur l’origine, de cette main.

 

Ouverture.

Outre cette main, qui est la relique la plus intéressante du lot, il faut bien mentionner qu’il circule aussi des photos et des radiographies de têtes ou de corps entiers de petits bonshommes, eux aussi désignés comme extraterrestre. Sans entrer dans les détails, il apparaît là aussi évident qu’ils sont faux et selon les cas taillés dans de la roche ou modelés en terre cuite. Ne pas douter de ces autres « artefacts » est là aussi un acte de foi qui ne repose sur rien de très convaincant.


[1] Ceux que ça intéresse pourront se reporter aux interviews vidéo de Thierry Jamin, qui explique les circonstances rocambolesque de cette découverte.

Une courte histoire de fantôme.

Puisque je m’intéresse aux sujets de l’ésotérisme et du paranormal, je passe pas mal de temps sur des sites Internet ou groupe Facebook dédiés à cela.

Il faut le dire d’emblée : la quasi-totalité des intervenants sont des convaincus. Des « tenants » comme on les appelle.

Il y a donc un parti pris évident, comme dans l’exemple qui va suivre.

Continuer à lire … « Une courte histoire de fantôme. »

Le fantôme de Palerme.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une des plus formidables histoires de fantômes que je connaisse.

Il s’agit ni plus ni moins que de l’histoire du fantôme d’une nonne qui apparaissait toute les nuits sans exception à la fenêtre d’un clocher en Italie. Il y a eu des centaines de témoins.

Continuer à lire … « Le fantôme de Palerme. »

Manifeste : Le paranormal n’existe pas.

Introduction : qu’est-ce que le paranormal ?

Déjà, essayons de donner une définition de ce dont on parle.

“Adj. Qui ne trouve aucune explication dans le cours normal des phénomènes, dont la science ne peut rendre compte.”

Dictionnaire de l’Académie française, 8e édition.

 

“Adj. […] dont l’existence même est contestée et qui ne pourraient être expliqués que par l’intervention de forces inconnues”

TLFi.

Les autres dictionnaires donnent sensiblement le même genre de définition à l’adjectif « paranormal ». Le substantif n’est pas toujours reconnu, mais il est défini comme l’ensemble des sujets paranormaux.

On note rapidement une chose : le paranormal, par définition, correspond à des choses que l’on ne peut pas expliquer avec les connaissances actuelles. Cela signifie que « paranormal » est en quelque sort le nom que l’on donne à notre propre ignorance. L’évolution des connaissances sort certains sujets de ce domaine, comme par exemple l’électromagnétisme, qui aurait pu être qualifiée de phénomène paranormal il y a deux siècles mais qui ne l’est plus du tout.

Ainsi, à mes yeux, le paranormal n’existe pas. Une chose n’est pas intrinsèquement « normale » ou « paranormale ». Elle existe ou n’existe pas, indépendamment de la connaissance que nous en avons. Notre connaissance des choses n’a aucun impact : le fait de comprendre un phénomène ne le modifie pas.

Donc une chose, un phénomène, existe ou n’existe pas, on le comprend ou on ne le comprend pas. Mais en aucun cas il ne peut être qualifié de « paranormal ».

 

Sujets relevant du paranormal.

Même si le paranormal n’est pas une notion valide, elle reste éventuellement pertinente. Rassembler sous un même terme tout ce que l’état actuel de la science ne peut expliquer, cela peut être intéressant. Ou du moins pratique.

Alors, que range-t-on habituellement sous ce terme ?

Globalement, c’est un vaste fourre-tout.

Mais déjà, on constate deux grands types de phénomènes paranormaux : ceux qu’on pourrait qualifier de dons, et ceux qu’on pourrait qualifier de manifestations.

Les « dons » sont des capacités humaines (éventuellement animales) qu’on ne peut expliquer par des mécanismes connus, et qui généralement sont utilisables à la demande. Exemples : voyance, télépathie, télékinésie, etc. Ces dons sont facilement vérifiables et étudiables : il suffit de préparer un protocole expérimental, de réunir les conditions d’un travail de qualité, et de demander au sujet testé de faire une démonstration de ses capacités. On peut alors s’assurer de la réalité ou non de ce don, et éventuellement de le caractériser, de l’étudier plus ou moins en détail.

À noter que la parapsychologie (qui s’intéresse à cette partie du paranormal) définie notamment le concept de « psi » qui regroupe d’une part la perception extrasensorielle, et d’autre part la psychokinèse (action sur la matière).

Les « manifestations » sont des phénomènes se produisant apparemment sans intervention humaine et n’ayant en apparence pas d’explication physique ou chimique. Exemples : fantômes, combustion spontanée, pierres mouvantes, disparitions inexpliquées d’avions, etc.

Ces manifestations sont plus difficiles à étudier puisqu’on ne peut les déclencher à la demande. Pour les fantômes, par exemple, il est nécessaire de se rendre dans un endroit réputé hanté et d’attendre. Ce qui est long et hasardeux.

Le phénomène en question peut prendre des formes variées et survenir à peu près n’importe quand n’importe où (pour un fantôme, souvent un bâtiment voire aussi ses environs proches, généralement de nuit et parfois même à une heure précise).

 

Démarche à adopter.

Il est évident que la démarche doit être la même que pour tout autre phénomène à étudier. Certains refusent l’usage de la démarche scientifique, mais il n’y a pourtant, a priori, aucune raison de ne pas s’en service.

Dès lors qu’un phénomène a des conséquences concrètes et objectivables, on peut l’étudier à l’aide de la méthode scientifique. Une personne affirmant pouvoir prédire des évènements ou agir sur la matière peut ainsi être testée.

Si au contraire un phénomène n’a aucune emprise sur le réel, quel est l’intérêt de l’étudier ? Quel est l’intérêt, par exemple, de se poser des questions sur l’éventuelle existence d’un monde parallèle au notre et sur les habitudes de vie de ses habitants ? S’il n’existe aucun lien, aucun contact possible entre eux et nous, pourquoi s’y intéresser ?

Le premier piège consiste à théoriser avant de prouver. Tant que l’on n’a pas prouvé la réalité d’un phénomène, il n’est pas utile d’essayer d’en comprendre les mécanismes.

Un exemple classique est celui-ci : avant de se demander si lubrifier son conduit de cheminée est utile au père Noël, il faut prouver que celui-ci existe. Il en est de même de bien des choses : avant de se demander quelle est la distance maximale possible entre deux télépathes, il faut pouvoir prouver que les deux sujets communiquent réellement par un moyen actuellement inconnu (et il faut donc éliminer toute possibilité de fraude).

Le deuxième piège consiste à vouloir tout baser sur des impressions et des intuitions. Il faut savoir une chose, c’est que nous ne sommes pas parfaits : nos sens nous trompent, notre mémoire est faillible, et nos interprétations pas toujours raisonnables.

Nos sens : il suffit de voir ce que donnent les illusions d’optique et les illusions auditives pour comprendre à quel point ils sont imparfaits.

Notre mémoire : nous avons tous déjà fait de grossières erreurs en raison de souvenirs défaillants. Parfois, pour des épisodes de notre vie pas forcément très vieux, on remarque qu’une autre personne également présente en a gardé un souvenir très différent.

Nos interprétations : la pareidolie en est le meilleur exemple. C’est une erreur courante dans le domaine du paranormal. C’est ce qui fait que nous avons tendance à repérer des visages ou des formes connues même là où il n’y a rien.

Alors à quoi se fier ? À des instruments de mesure, déjà. Même s’ils ne sont pas parfaits non plus, ils apportent du concret, du vérifiable. Ce qui est toujours utile.

Ça n’est pas pour rien que les chasseurs de fantômes partent bardés d’équipements ultrasophistiqués. Caméras haute définition, caméras infrarouge, microphones, thermomètres électroniques, etc.

Les données obtenues ne sont pas subjectives. Cela ne veut pas dire qu’il faut en faire n’importe quoi, évidemment.

Cette démarche, en tout cas, est en partie scientifique : on cherche à objectiver des phénomènes. Ainsi, une sensation brutale de froid (qui est un attribut classique du fantôme) peut être remise en doute (mensonge, mais aussi conséquence de la peur, où surinterprétation d’un léger courant d’air), alors qu’un thermomètre apporte la preuve d’une éventuelle réelle différence de température.

Ça n’est qu’un début, mais déjà cela permet bien des choses.

Ensuite, il est très important de penser à toutes les hypothèses. Avant d’affirmer quelque chose (surtout si c’est grandiose), il faut éliminer certaines hypothèses : canular, fraude, erreur, phénomène naturel connu, etc.

 

Pourquoi étudier les phénomènes paranormaux ?

Beaucoup refusent de se pencher sur de telles balivernes. C’est compréhensible, mais cela laisse le champ libre à toutes sortes d’amateurs voire de charlatans. C’est dommage.

Il est donc important de se pencher sur ces sujets, et de le faire avec sérieux : il n’est pas question de partir avec des préjugés (quels qu’ils soient).

D’autant plus lorsque la portée de ces phénomènes est très importante. Imaginez : si la télépathie existe, c’est un formidable outil en puissance. Si les extra-terrestres nous visitent, c’est potentiellement une formidable avancée technologique qu’ils pourraient nous offrir. Si la vie après la mort existe, c’est un formidable espoir pour de nombreuses personnes.

Malheureusement, pour le moment, nous n’avons aucune preuve de tout cela. Aucune preuve que la télépathie n’existe, aucune preuve que d’éventuels extra-terrestres aient pris contact avec nous, aucune preuve de l’immortalité de l’âme.

Étudier ces phénomènes avec sérieux, sans y croire à l’avance mais sans les rejeter par principe, est donc important.

Et il ne faut pas entretenir vainement l’espoir des gens : un sujet comme la vie après la mort est un sujet grave, qui peut avoir des conséquences sur les gens qui y croient.

 

Un problème de taille : la difficulté d’évoquer ces thèmes.

En fait, il y a plusieurs problèmes.

Déjà, certaines personnes veulent croire en l’un ou l’autre des phénomènes dits paranormaux. Par exemple, de nombreux adaptes acharnés de la vie après la mort ont perdus un proche. Prenez par exemple Stéphane Allix ou Jean Pernin. Le fait que la vie après la mort soit étudiée par des gens qui ont une très forte envie d’y croire est un problème : ils risquent d’être biaisés dès le départ, et de tout faire (inconsciemment) pour que ça marche. Surtout s’ils s’adressent à des personnes qui elles aussi ont envie d’y croire (on les comprend, l’idée est tellement séduisante : elle nous rassure sur notre propre fin et nous permet d’espérer pouvoir retrouver ceux qu’on a perdu).

Un deuxième problème est celui du témoignage. Les « preuves » données pour un phénomène paranormal sont souvent une simple accumulation d’anecdotes, de témoignages. Mais que des milliers de personnes affirment quelques choses ne constitue pas une preuve. Tout au plus une orientation.

Un autre problème encore vient du fait que même lorsqu’un phénomène n’est pas réel, cela ne signifie pas forcément canular ou fraude. La plupart des tenants, la grande majorité même, quel que soit le phénomène, sont parfaitement honnêtes et sincères. Il est donc tentant d’accepter leurs travaux. Pourtant, la sincérité n’est pas un argument. Un prétendu voyant peut être sincère et convaincu d’avoir un don, sans que cela soit vrai pour autant. Il peut en être intimement persuadé, cela n’empêche pas qu’il faille le tester pour s’en assurer. Ce qui n’offre pas de grosses difficultés lorsque c’est bien fait, puisqu’il suffit de lui faire faire des prédictions et de les vérifier ensuite.

Un dernier problème (mais pas des moindres) est celui du sensationnalisme. Ces phénomènes, lorsqu’ils surviennent, sont souvent très bien relayés. Parce que c’est incroyable, parce que ça fait rêver, parce qu’on a envie d’y croire. La diffusion des histoires de fantômes, d’OVNI, ou encore de pouvoirs parapsychiques, est très bonne.

Mais celle des explications l’est moins. Même si dès le départ une explication simple et rationnelle est donnée, elle risque de passer à la trappe. C’est moins vendeur, ça rend le phénomène moins intéressant. Du coup, quand l’explication (même si c’est une certitude) arrive tardivement, elle n’est tout simplement pas relayée. Les médias ne font jamais (ou rarement) de démenti sur ces sujets-là. Le dernier exemple marquant en date (quand j’écris ces lignes) est celui de cet ado qui aurait découvert une nouvelle cité maya à l’aide des constellations. On savait dès le début que cette affaire était douteuse, et assez rapidement les premiers débunkages sont arrivés. Pourtant, une fois passée l’info sensationnelle, les critiques et les correctifs ont très peu tournés. C’est comme ça, mais c’est dommage : ça laisse le grand public dans l’ignorance, dans le rêve. Un très grand nombre d’histoire de fantôme ont été expliquées rationnellement après coups, mais dans très peu de cas ces explications ont été diffusées par les médias. Pire encore : parfois des histoires sont ressorties des cartons et sont à nouveau présentées au public comme des mystères inexpliqués… alors qu’ils le sont depuis longtemps.

Mais c’est moins vendeur.

 

De quoi je parlerai ?

Pour plus de clarté, je tenterai (un peu artificiellement) de ranger mes articles dans l’une ou l’autre des catégories suivantes :

  • Vie après la mort : fantômes et au-delà, communication avec les morts
  • Ufologie : OVNI, crop-circles et extra-terrestres
  • Psi [ou parapsychologie plutôt] : perception extra-sensorielle et psychokinèse
  • Divination : voyance, astrologie (méthodes permettant de voir l’avenir ou de deviner le présent)
  • Cryptides : yéti, monstre du loch Ness, etc.
  • Phénomènes naturelles inexpliqués : pierres mouvantes, triangle des Bermudes, etc.