Datagueule : manipulations et alarmisme.

« Si vous n’êtes pas malade, c’est que vous ne le savez pas encore. »

Voilà comment commence l’épisode. Le ton est donné.

 

Dans cet article, je ne souhaite pas reprendre point par point les chiffres avancés. La plupart sont corrects, là n’est pas la question. Ce qui pose un véritable problème, c’est d’une part la façon dont ils sont présentés, et d’autre part l’interprétation qui en est faite.

Car sous couvert d’impartialité (« les chiffres ne mentent pas » dit-on), Datagueule distord la réalité à sa guise, dans l’objectif de faire peur. Outre quelques erreurs factuelles, l’émission est coupable de manipulation et d’alarmisme.

Celui qui ne connaît pas le sujet est facilement convaincu en regardant ces vidéos : des données brutes, vérifiables (toutes les sources sont données), un format court et pédagogique. Et pourtant, à y regarder de plus près…

Par l’exemple de la vidéo numéro 37, « Maladies à vendre », voyons un peu cela[1].

 

Introduction.

« 26,8 milliards d’euros, c’est le chiffre d’affaire de l’industrie pharmaceutique en France en 2013. »

C’est vrai, mais c’est balancé comme ça, uniquement pour montrer que cette industrie brasse du pognon, et donc insinuer qu’il y a magouille.

Quel est l’intérêt de ce chiffre sorti de tout contexte ? Comment le spectateur lambda appréhende-t-il un tel chiffre ? Déjà, on parle de chiffre d’affaire et pas de bénéfice, il faut le souligner… Ensuite, je suis prêt à parier que le spectateur ignore le chiffre d’affaires des autres secteurs.

Par exemple, l’industrie automobile, c’est quatre fois plus.

« Soit plus de 3 milliards boîtes de médicaments vendues. 48 boîtes par personne et par an. »

« 2800 substances actives présentes sur le marché. »

Ces deux affirmations sont vraies. Mais affirmer ensuite que ces 2800 substances constituent une belle vitrine pour l’industrie pharmaceutique, c’est une interprétation douteuse…

On a ensuite droit à un raisonnement gratuit et infondé : le nombre de molécules capables d’interagir avec le corps est limitée, mais l’ingéniosité humaine ne l’est pas, et donc s’il n’est pas possible d’inventer de nouveaux médicaments, il faut inventer de nouvelles maladies.

Je ne sais même pas quoi répondre à une absurdité pareille…

Déjà, on est loin des 2800 médicaments en potentiel : il y a peut-être 20 000 protéines dans le corps humain, et chacune peut théoriquement être la cible de plusieurs médicaments ayant des effets variés. Affirmer qu’il existe une limite dans le nombre de molécule utilisable, c’est de la logique mathématique, mais en réalité on est encore très loin du compte, et ça n’est pas demain que la source va se tarir. D’ailleurs, le nombre de nouvelles molécules mises en vente ne diminue même pas.

Ensuite, inventer des maladies : c’est là le point central de cette vidéo. Affirmer que les industriels inventent des maladies pour mieux vendre leurs médicaments…

 

Le façonnage de maladie.

Déjà, on nous apprend que certains grands groupes pharmaceutiques dépensent plus en marketing qu’en recherche & développement.

C’est sans doute le cas de la vaste majorité des entreprises, mais aucune comparaison n’est faite. L’industrie pharmaceutique est-elle le pire élève dans ce domaine ? Le journaliste ne le dit pas.

Et dire que le marketing est plus important que l’efficacité, c’est de l’interprétation : rien ne vient étayer cela. Pour être commercialisé, un médicament doit faire la preuve de son efficacité.

Mais intéressons-nous plutôt à la suite : on nous explique que pour vendre plus de médicaments, on peut jouer sur les seuils de prescription (en les abaissant, évidemment).

 « En 1998, l’Organisation mondiale de la santé abaisse le seuil pathologique du cholestérol de 2,40 g/ℓ de sang à 2,00 g/ℓ. Rien qu’aux États-Unis, plus de 42 millions d’américains basculent dans la case « malades ». »

Il est lourdement sous-entendu que ceci avait pour seul but de vendre plus de médicaments.

Mais déjà, l’affirmation n’est pas sourcée. Enfin si : est cité un documentaire intitulé « Les vendeurs de maladies ». Là encore, l’impartialité n’est pas de mise… Et quel que soit son parti pris, c’est une source tertiaire. Un manque de rigueur de la part du journaliste (et pas le seul exemple).

Malgré mes recherches, je n’ai pas pu retrouver d’informations au sujet de l’abaissement de ce seuil par l’OMS…

Mais ce que je sais bien, par contre, c’est qu’il n’existe pas un seuil unique pour le cholestérol. Il n’existe pas de valeur en-dessous de laquelle on est en bonne santé, et au-dessus de laquelle on est malade. Et d’abord, on parle de quel cholestérol ? A priori, ici, du cholestérol total. Je n’aborderai donc que ce point.

Il y a plusieurs choses à dire, en tout cas :

  • Avoir trop de cholestérol n’est pas en soi une maladie. Les gens qui ont trop de cholestérol ne sont pas catalogués « malades », contrairement à ce que dit la vidéo.
  • Un taux de cholestérol total trop élevé est cependant dangereux, c’est un fait : plus ce taux est haut, plus votre espérance de vie chute.

Le taux de cholestérol est corrélé à l’espérance de vie, et des seuils de traitement ont donc été définis. Et il existe de solides preuves que ces traitements soient efficaces sur la survenu d’évènements cardio-vasculaires graves (infarctus, AVC, etc.).

Néanmoins, les seuils dépendent de plusieurs choses (ce que n’évoque jamais la vidéo, évidemment) :

  • Prévention primaire ou secondaire ? Secondaire signifie que la personne a déjà été sujette à un problème CV. Dans ces cas-là, on traite presque toujours. Par exemple, après un infarctus les statines à forte dose sont systématiquement proposées. Elles permettent de réduire la mortalité même chez les patients ayant un taux normal de cholestérol.
  • Si prévention primaire (individu non malade), elles permettent dans certains cas d’éviter la survenue de problème CV graves, et de réduire la mortalité. Ces cas sont l’association à d’autres facteurs de risque (obésité, tabac, hypertension, etc.).

En fait, on peut résumer les choses ainsi :

  • Un cholestérol total haut n’est pas en soi une maladie.
  • Un cholestérol total haut, surtout si associé à d’autres facteurs de risque, prédispose aux problèmes CV (et donc aux infarctus, aux AVC, etc.) et à une mort précoce.
  • Dans certains cas, un traitement par statine permet de réduire ces risques et d’allonger l’espérance de vie.

Le journaliste tente de faire croire que les seuils sont baissés dans le seul but de vendre plus de médicaments. Pourtant, l’abaissement de ces seuils est généralement pleinement justifié, et permet de sauver des vies et d’empêcher des maladies. Je dis généralement mais je n’ai pas d’exemples où cela n’a pas été le cas.

Mais, comme je le disais, il n’existe pas « un » seuil de cholestérol. Le seuil dépend des antécédents médicaux et des facteurs de risque cardio-vasculaires. Et ces seuils ne sont de toute façon pas décidés par les vendeurs de médicaments.

« Étonnamment, depuis l’an 2000, l’utilisation des anti-cholestérols a plus que triplé dans les pays de l’OCDE. »

 

Lourd sous-entendu qu’il s’agit d’un complot financier. Aucune nuance, rien. Le fait que l’utilisation des statines soit efficace n’est même pas envisagé. Après tout, si on en vend plus, ça ne peut pas être parce que les gens en ont besoin, si ? Eh ben si.

Je ne peux pas m’empêcher de faire un détour là-dessus, parce que cholestérol et statines font l’objet d’une violente propagande depuis quelques années.

 

Hors-sujet : quelques éléments sur le cholestérol et les statines.

L’épidémiologie a pu montrer le rôle du cholestérol (et surtout du cholestérol LDL) dans le risque cardio-vasculaire. L’étude de Framingham, qui dure depuis 1948 dans une ville des États-Unis, a dès les années 70 montré que les différents types de cholestérols avaient une influence sur ce risque : Gordon T, Castelli WP, Hjortland MC, Kannel WB, Dawber TR, High density lipoprotein as a protective factor against coronary heart disease. The Framingham study, Am J Med, 1977;62:707–714.

Il existe des outils pour calculer le risque cardio-vasculaire de quelqu’un, grâce aux nombreuses études sur le sujet.

SCORE en français.png

Il s’agit du modèle prédictif SCORE, biens connus des médecins européens.

Le tout paraît difficile à lire, mais en fait il est simple d’usage lorsque l’on comprend.

Quel est son but ? Très simple : déterminer la probabilité de décès par problème cardio-vasculaire d’une personne dans les dix années à venir. Il s’agit du modèle pour la France (population à faible risque) mais d’autres existent.

Comment le lire ? Quatre colonnes selon votre situation : femme non fumeuse, femme fumeuse, homme non fumeur, homme fumeur. Une fois votre colonne repérée, choisissez votre carré en fonction de votre âge (par tranche de cinq ans). Puis dans le carré, trouvez votre case en fonction de votre tension artérielle (ligne) et de votre taux de cholestérol total (colonne).

Prenons l’exemple d’un homme quinquagénaire fumeur. Selon son taux de cholestérol, son risque de mourir dans les dix ans à venir passe de 4 à 7 % s’il est très hypertendu, de 1 à 2 % s’il ne l’est pas…

Même si le cholestérol ne fait pas tout, c’est donc bel et bien un problème.

Les statines permettent de réduire ce risque cardio-vasculaire, de réduire le risque de mortalité.

Voici, par exemple, deux méta-analyses portant sur 26 et 27 études sur le sujet :

Cholesterol Treatment Trialists’ (CTT) Collaboration. Baigent C, Blackwell L, Emberson J, et al. Efficacy and safety of more intensive lowering of LDL cholesterol: a meta-analysis of data from 170,000 participants in 26 randomised trials. Lancet. 2010;376(9753):1670–1681. [PMC free article] [PubMed]

Cholesterol Treatment Trialists’ (CTT) Collaborators. Mihaylova B, Emberson J, Blackwell L, et al. The effects of lowering LDL cholesterol with statin therapy in people at low risk of vascular disease: meta-analysis of individual data from 27 randomised trials. Lancet. 2012;380(9841):581–590.

Toutes les deux montrent l’intérêt des statines. Les statines sauvent des vies. C’est un fait.

 

 

Le Médiator (benfluorex).

Le scandale du Mediator est bien connu, et il y aurait bien des choses à en dire, mais même là le journaliste parvient à être à côté de la plaque.

Selon lui, on détournerait des médicaments pour en vendre plus, en les prescrivant pour des maladies non prévues à l’origine.

Ceci existe et n’est pas forcément scandaleux. Qu’une même molécule puisse soigner deux maladies similaires ou différentes n’a rien de choquant, et cela ne constitue pas un complot des laboratoires.

Par exemple, le Viagra (sildénafil) a initialement été développé pour traiter l’angine de poitrine. Mais l’efficacité n’était pas au rendez-vous, et il ne fut même pas commercialisé pour cette indication. Néanmoins, on remarqua un effet secondaire imprévu : des érections.

On voit d’ailleurs qu’un effet secondaire peut être voulu, puisqu’aujourd’hui c’est cet effet qui est recherché lors de la prise de ce médicament.

De nombreux autres exemples existent. L’aspirine, le plus connu des médicaments, en est un. Initialement vendu comme antidouleur et anti-inflammatoire, il est actuellement un des médicaments anti-agrégants les plus prescrits. Entre soulager la douleur et fluidifier le sang, on voit pourtant mal le lien de prime abord.

Mais ceci n’est pas une magouille.

Le Médiator est-il un scandale sanitaire ? Oui.

Utiliser des médicaments dans une indication non prévue à l’origine est-il un coup marketing comme la vidéo l’affirme ? Non.

 

Marketer des maladies : le syndrome de la bedaine.

Évidemment, ce nom est de l’invention du journaliste, et le nom de « syndrome métabolique » qui vient après est celui qui est réellement utilisé. Alors pourquoi commencer par l’appeler « syndrome de la bedaine » ?

Pour que les gens comprennent mieux, dira-t-on. Pour le décrédibiliser d’avance, aimerais-je signaler.

On nous explique qu’il associe hypertension, cholestérol, diabète et surpoids. C’est à peu près ça, en effet.

Mais là, le journaliste annonce qu’un médicament existe pour traiter le « lot » (on insiste bien sur le fait qu’il s’agit d’un groupe de symptômes, presque comme pour faire croire que de méchants industriels ont pris des symptômes courants au hasard pour en faire une maladie fréquente et vendre ainsi plein de médicaments).

Ce médicament est l’Acomplia (rimonabant).

À quoi sert-il réellement ?

  • Il obtient une AMM (autorisation de mise sur le marché) européenne en juin 2006, et est commercialisé en France à partir de 2007 (l’Afssaps communique dessus le 29 mars 2007).
  • Il est indiqué dans le traitement des sujets obèses ou en surpoids avec des facteurs de risque cardio-vasculaires associés (diabète de type 2, dyslipidémie) en association à un régime hypocalorique et à l’exercice physique.
  • Il n’est remboursé que pour les patients obèses et diabétiques de type 2, dont le traitement par metformine ou par sulfamide est insuffisant.

C’est un coupe-faim. Ce n’est pas un médicament spécifiquement vendu pour traiter le syndrome métabolique.

Pourquoi parler de celui-là ? Pourquoi annoncer qu’il sert à traiter le syndrome métabolique ?

Pour la deuxième question, je dirais dans l’objectif de montrer qu’on créée des médicaments pour aller avec des maladies elles-mêmes créées de toute pièce… Pourtant, le syndrome métabolique (qui n’est pas une maladie en soi) est un véritable outil médical. Ceux qui en sont atteint ont un risque cinq fois plus importants de développer un diabète, et un risque deux fois plus importants de développer une maladie CV. C’est donc bien une prédisposition à ces maladies.

Quant à la première question : le journaliste parle de ce médicament en particulier parce qu’il avait des effets secondaires importants, qu’il aborde ensuite.

Ce médicament a en effet été retiré du marché le 5 novembre 2008 (soit un an et demi seulement après) car le rapport bénéfice/risque a été jugé défavorable (efficacité moindre que celle attendue, en conditions réelles, et risque avéré de troubles dépressifs).

Rien d’anormal, au contraire : le système a fonctionné et le médicament a été retiré. C’est plutôt rassurant, mais dans la vidéo l’information est assortie d’une sirène d’alarme… De quoi faire peur, en utilisant un exemple qui pourtant montre bien l’efficacité de la pharmacovigilance.

 

La maladie mentale.

Le journaliste explique que les seuils pathologiques en psychiatrie sont flexibles.

C’est vrai : il est très difficile de déterminer avec précision ou se termine la bonne santé et où commence la maladie. Contrairement à une infection ou à un cancer, la situation n’est pas binaire.

On nous présente alors le DSM, en disant qu’il fait référence en la matière. C’est parfaitement vrai, encore que la cinquième édition n’a pas été accueillie avec enthousiasme par tout le monde.

1re édition en 1956 : 60 maladies recensées.

5e édition en 2013 : 297 maladies recensées.

Immédiatement, le journaliste dit : « autant de marchés à saisir ».

Là encore, il est sous-entendu que des maladies ont été inventées dans le but d’écouler plus de médicaments. Ou du moins, même si elles n’ont pas été inventées, que cela permet d’en vendre plus.

En premier lieu, il y a une erreur factuelle : le DSM-I listait 106 maladies, pas 60. Et c’est ici qu’on voit le niveau du journaliste, une fois de plus : la source qu’il cite à l’appui de ceci, c’est l’article de Wikipédia en français… Il aurait pu facilement se rendre compte de l’erreur, ne serait-ce qu’en consultant la version anglophone qui est bien meilleure dans le cas présent.

Quoi qu’il en soit, une rapide recherche permet de retrouver des informations fiables (ci-joint un article en français) : Crocq MA. Les principes du DSM. Ann Med Psychol2014;172(8):653—8.

Malgré cela, comment passer de 106 à 297 ? Généralement en considérant comme une maladie ce qui auparavant passait pour une différence, ou en segmentant une même maladie en plusieurs catégories. Exemples de nouveautés dans la 3e édition : trouble bipolaire, dépression majeure, état de stress post-traumatique. Rien qui ne choque, je crois.

Est-ce que cela est fait pour vendre plus de médicaments ? Affirmer cela est un procès d’intention. Avant tout, cela est fait parce que la connaissance médicale avance, et que les données s’affinent.

Est-ce que cela fait vendre plus de médicaments ? Pas toujours : si l’on segmente en plusieurs catégories une maladie, on ne traite pas plus de patients.

Et lorsqu’une maladie nouvellement définie permet de traiter de nouveaux patients, est-ce que cela est uniquement une question d’argent ? Non : l’intérêt du patient est à prendre en compte. Il est tout à fait possible qu’on décide de traiter des individus que l’on ne traitait pas auparavant faute d’un bon diagnostic ou d’un médicament adapté, et que ceci améliore les conditions de vie de ce patient.

 

Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Pas une maladie, plutôt une catégorie, mais passons.

Je n’ai pas grand-chose à dire sur cette partie : je connais mal les troubles de l’attention et la Ritaline (méthylphénidate), et il n’y a pas de raison de contredire le journaliste lorsqu’il dit que la Ritaline n’est pas plus efficace qu’une psychothérapie dans certains cas, ni que ce médicament soit peut-être trop prescrit. J’y mets plus de nuance, certes, car il annonce cela avec beaucoup de vigueur : il annonce que le médicament n’est jamais meilleur qu’une TCC et présente des effets secondaires importants (ce qui est vrai mais pas systématique, évidemment, et ils sont bien contrôlés), et il sous-entend qu’il est proposé à tous les patients, ce qui n’est pas le cas. Disons que la Ritaline est réservée, en théorie, au TDAH sévère, et que la prise en charge est surtout fondée sur une thérapie cognitivo-comportementale et une prise en charge scolaire adaptée.

Néanmoins, j’aimerais revenir une dernière fois sur ses méthodes journalistiques.

Ici, ses sources sont un article de Libération et un article de Prescrire. Deux sources tertiaires, donc.

L’article de Libération cite pourtant le rapport de l’ANSM sur lequel il se fonde. Le journaliste l’a-t-il lu ? Peut-être, mais dans ce cas pourquoi ne pas citer directement ce rapport, ou même la brochure d’information qui va avec ?

D’ailleurs, les chiffres ont beau être vrais, le rapport précise bien : « Les comparaisons de ces données avec celles des autres pays dans lesquels le méthylphénidate est commercialisé montre que son utilisation en France reste très limitée comparée à celle d’autres pays européens ou de l’Amérique du Nord. » et « En 2011, environ 42 000 patients ont eu au moins un remboursement de méthylphénidate. Ce chiffre est faible comparé au nombre estimé d’enfants qui seraient atteints de TDAH en France. ».

Quant à l’article de prescrire, il ne fait également que relayer une information, et il aurait fallu remonter à la source, je pense, ne serait-ce que par acquis de conscience.

Ici, je pense sincèrement que le journaliste ne l’a pas fait : la référence est incomplète dans l’article, et il est donc peu probable qu’il ait eut accès à l’étude en question. Et la suite montre qu’il ne l’a pas lu, puisqu’il ne la comprend pas du tout.

Voici la référence complète de cette étude sur la Ritaline : Molina BS, Flory K, Hinshaw SP, et al. Delinquent behavior and emerging substance use in the MTA at 36 months: prevalence, course, and treatment effects. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 2007;46(8):1028–40.

« Or le seul essai clinique mené sur 3 ans montre que la Ritaline n’est pas plus efficace qu’un traitement comportemental sans médicaments. »

Que dit l’étude ? Elle ne parle que de la délinquance chez les préadolescents souffrant de TDAH et ayant un traitement multimodal de cette maladie. Il y a donc des groupes d’enfants traités par médicaments, d’autres par TCC, d’autres par les deux, et enfin d’autres simplement suivis, sans traitement. Les groupes sont comparés entre eux, mais cette étude ne s’intéresse qu’aux comportements délinquants, pas à la réussite scolaire, ni à d’autres critères. Pourtant, le journaliste, à la suite de Prescrire, généralise.

C’est un peu léger, comme méthodes, non ?

 

 

Le final.

À la fin de la vidéo, les infographies prennent la forme d’une coupe d’Hygie, symbole de la pharmacie constituée d’un calice autours de laquelle s’enroule un serpent. Jusque-là, rien d’anormal, mais que penser du fait que l’image soit assortie d’un inquiétant sifflement de serpent ?

Faire peur ?

 

 

Conclusion.

« Pour faire croître ses ventes, l’industrie pharmaceutique joue sur la molécule la plus efficace, celle de nos peurs. Et son effet indésirable est immédiat : elle rend aveugle. »

Qui joue sur nos peurs ?

Qui tient un discours alarmistes, poussant insidieusement à remettre en question les institutions médicales et pharmaceutiques ?

Datagueule, en l’occurrence.

Je ne dis pas que bigpharma n’a rien à se reprocher. Mais faire comme dans cette vidéo des procès d’intention infondés et faire naître une dangereuse méfiance chez les gens, c’est très imprudent.

Cette vidéo est une honte. Plutôt que de dénoncer de vrais scandales, le journaliste joue la corde d’un complot pharmaceutique destiné à créer des maladies pour vendre plus de médicaments. Même l’authentique scandale du Médiator est détourné pour créer un sentiment de peur : le vrai scandale est à peine évoqué, et le nom du Médiator sert uniquement d’introduction afin d’appuyer un propos sans rapport en le soulignant bien du sceau de l’infamie. Faire peur en rappelant le Mediator, puis embrayer sur un sujet sans rapport afin d’insinuer le doute.

Je ne sais pas s’il s’agit de manipulation, puisque tout ceci n’est peut-être pas volontaire, mais en tout cas le public est trompé. J’en veux pour preuve les commentaires de la vidéo, dont beaucoup crachent sur les entreprises pharmaceutiques, arguant qu’il s’agit de boîtes privées n’ayant en tête que le profit et qui mentent et manipulent pour vendre des médicaments inutiles voire dangereux pour alimenter eux-mêmes la population d’individus malades et donc créer une boucle.

Cette vidéo ne sert qu’à conforter ceux qui refusent la médecine moderne, voire à persuader par la peur de nouvelles recrues, en les poussant à rejeter le système.

 

Le mot de la fin.

Faire la part des choses en médecine est difficile pour ceux qui connaissent mal le sujet. C’est-à-dire la plupart des gens.

Saper la confiance des gens en le système de santé actuel, ça n’est pas leur rendre service : c’est les mettre en danger.

Le système fonctionne globalement bien, mais il faut le dire et le répéter : rien n’est parfait, et le risque zéro n’existe pas. De nombreuses mesures existent pour tenter de minimiser les risques, et la médecine moderne a permis de très nombreux progrès dans le domaine de la santé.

Quoi qu’on en dise, grâce à l’industrie pharmaceutique, les gens se portent mieux et vivent plus longtemps.

 

[1] Un exercice un peu similaire a été fait sur la vidéo numéro 7, « Monsanto, sa vie, son empire » : https://www.youtube.com/watch?v=8gJn4EhlsY0&lc=z13phfewdqenfzmtv23qxxb51xnhc333r (dans les commentaires).

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17 réflexions sur « Datagueule : manipulations et alarmisme. »

    1. Ouah ouh, il n’y a pas consensus parce qu’un documentaire grand public n’est pas d’accord avec des dizaines d’études scientifiques solides ? C’est un peu osée, comme idée… Dans ce cas, rien ne fait consensus sur Terre.
      Citez-moi de solides études dûment publiées, et nous pourrons discuter. Les documentaires ne sont pas des preuves suffisantes.
      Quant au DSM, je ne pense pas avoir besoin de détailler bien plus. Trois exemples ne vous suffisent pas ? Et si je parle surtout de la 3e édition, c’est aussi parce que c’est avec elle qu’il y a eu le plus d’ajout : de 182 à 265 (selon la manière dont on compte, et selon les révisions).

      Miastor.

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      1. Citez donc vos sources pour ces « dizaines » d’études solides. après, on parle. En attendant votre démarche ne vaut pas plus que celle de datagueule., c’est à dire rien.

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      2. Commençons par ce qui est déjà dans mon article sur les statines :
        Cholesterol Treatment Trialists’ (CTT) Collaboration. Baigent C, Blackwell L, Emberson J, et al. Efficacy and safety of more intensive lowering of LDL cholesterol: a meta-analysis of data from 170,000 participants in 26 randomised trials. Lancet. 2010;376(9753):1670–1681.
        Cholesterol Treatment Trialists’ (CTT) Collaborators. Mihaylova B, Emberson J, Blackwell L, et al. The effects of lowering LDL cholesterol with statin therapy in people at low risk of vascular disease: meta-analysis of individual data from 27 randomised trials. Lancet. 2012;380(9841):581–590.
        Le premier porte sur 26 études, le deuxième sur 27.
        De votre côté, vous êtes toujours à zéro.

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  1. Je vois pas mal de questions dans cet article, et même si elles se veulent rhétoriques, je vais y répondre avec un brin de mauvaise foi :

    > Quel est l’intérêt de ce chiffre sorti de tout contexte ?

    Ce chiffre EST le contexte. L’intérêt de ce chiffre est de montrer que l’industrie pharmaceutique n’est pas un point de détail économique, c’est un acteur qui pèse et dont tout citoyen responsable doit se préoccuper.

    > Comment le spectateur lambda appréhende-t-il un tel chiffre ?

    En se disant « c’est gros, donc voilà un sujet qui doit me préoccuper en tant que citoyen responsable ».

    > L’industrie pharmaceutique est-elle le pire élève dans ce domaine ?

    « le pire » ? WTF ?
    Il y a plus d’une soixantaine d’épisode de Datagueule qui traite de divers sujets, industries, secteurs, etc., et le but n’est certainement pas de classer ces problèmes du pire au moins pire.
    On s’en fout de savoir si c’est « le pire élève », c’est un mauvais élève, point, on ne va pas faire un classement, encore heureux que le journaliste ne passe pas son temps à préciser ce genre de sornettes.

    > Utiliser des médicaments dans une indication non prévue à l’origine est-il un coup marketing comme la vidéo l’affirme ? Non.

    Hypocrisie. « Pas toujours et dans certaines conditions » serait une réponse adéquate.
    Utiliser un médicament en dehors de ce pour quoi il a été pensé « à l’origine » se fait, mais dans un cadre réglementé : l’effet du viagra sur l’érection a été étudié médicalement avant qu’il ne soit commercialisé avec « use in male erectile dysfunction » sur la boîte ; employer le Mediator comme coupe-faim n’entre donc absolument pas dans le cadre de l’exemple hors-sujet du viagra. La vidéo parle de prescrire des médicaments pour des maladies pour lesquels ils ne sont pas prévus, sous-entendu hors du cadre de l’AMM du médicament.

    À propos des maladies mentales :
    > Est-ce que cela est fait pour vendre plus de médicaments ?
    > Est-ce que cela fait vendre plus de médicaments ?

    Je ne vois pas pourquoi vouloir voir partout une interprétation complotiste : « autant de marchés à saisir » est limpide. Les industriels profitent du grand nombre de maladies désormais reconnues et documentées pour vendre des médocs, alors que des solutions moins nocives existent souvent. Les millions de gosses sous Ritaline parce que des médecins ont conclu qu’ils étaient hyperactifs et que c’était mal, ils sont réels hein, certes ce n’est pas un problème français, mais on ne me fera pas croire que 11% des américains ont un TDAH sévère.

    > que penser du fait que l’image soit assortie d’un inquiétant sifflement de serpent ?

    Et bien, ça nous rappelle qu’il faut être vigilant car la médecine n’est pas à prendre à la légère ?

    —————-

    Inciter à la vigilance envers les acteurs privés qui font du profit de manière immorale dans le domaine de la santé, ce n’est pas du tout pareil que de « saper la confiance des gens en le système de santé actuel », des scandales comme le Mediator en France, ou les anti-douleurs aux USA, ça existe bel et bien, et l’émission nous rappelle que les médicaments ne sont pas des tic-tacs inoffensifs qui nous sont gentiment offerts de manière désintéressée.

    Le seul problème étant qu’ils le rappelaient de manière alarmiste et exagérée :
    L’alarmisme de Datagueule est quelque chose qui leur a été reproché, ils ont travaillé là-dessus au point d’avoir même changé de format depuis maintenant plus de 6 mois, je trouve ça malhonnête de vouloir juger leur travail en novembre 2016 en se basant sur un épisode de mai 2015.

    Au final, avec tes exemples hors-sujets, tu es quasiment aussi malhonnête qu’eux…

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    1. Quelques réponses en vrac.

      « Ce chiffre EST le contexte. »
      –> Non : un chiffre isolé n’est jamais un contexte. Un chiffre doit pouvoir se comparer à d’autre pour être compris. Vous dites que le spectateur se dira (je vous cite) « c’est gros, donc voilà un sujet qui doit me préoccuper en tant que citoyen responsable ». Mais gros par rapport à quoi ? Si je dis que le tabac tue 80 000 français par an, comment le néophyte peut-il comprendre ce chiffre isolé ? Il ne sait pas quelle proportion ça représente : un mort sur dix, sur cent, sur mille ? Il n’en sait rien. Il faut recontextualiser. De la même manière, le chiffre d’affaire d’un secteur est vide de sens si l’on ne le compare à rien.

      « Il y a plus d’une soixantaine d’épisode de Datagueule qui traite de divers sujets, industries, secteurs, etc., et le but n’est certainement pas de classer ces problèmes du pire au moins pire. On s’en fout de savoir si c’est « le pire élève », c’est un mauvais élève, point, on ne va pas faire un classement, encore heureux que le journaliste ne passe pas son temps à préciser ce genre de sornettes. »
      –> Mais une fois encore : un mauvais élève selon quels critères, et par rapport à quelle référence ? Je suis prêt à laisser passer une idée fondée, mais là ce n’est pas le cas : on cite des chiffres de marketing et de R&D sans les comparer à d’autres secteurs. Affirmer que c’est un problème sur la seule base de cet unique chiffre, c’est insuffisant. Il faut, encore et toujours, un contexte. D’ailleurs, peut-être qu’il existe un vrai problème à ce sujet, la vidéo ne donne aucun moyen de s’en rendre compte.

      [Miastor] > Utiliser des médicaments dans une indication non prévue à l’origine est-il un coup marketing comme la vidéo l’affirme ? Non.
      « Hypocrisie. « Pas toujours et dans certaines conditions » serait une réponse adéquate.
      –> Ici, je suis sans doute trop direct. Mais quitte à nuancer, j’aurais plutôt dit « pas seulement ». La vidéo sous-entend qu’il ne s’agit rien d’autre que d’un coup marketing. Pourtant, un médicament utilisé dans une indication non prévue à l’origine doit obtenir une deuxième AMM, en faisant la preuve de son efficacité pour cette autre indication. On ne confie pas la gestion des indications aux groupes de com’. Que les gars du marketing arrivent ensuite pour vendre le truc, oui, mais ce n’est pas eux qui inventent de nouvelles indications comme ils inventeraient des slogans. Ce que sous-entend la vidéo.

      « La vidéo parle de prescrire des médicaments pour des maladies pour lesquels ils ne sont pas prévus, sous-entendu hors du cadre de l’AMM du médicament. »
      –> La vidéo ne dit jamais cela.

      [A propos des médicaments psychiatriques] « Les industriels profitent du grand nombre de maladies désormais reconnues et documentées pour vendre des médocs, alors que des solutions moins nocives existent souvent. »
      –> Oui, absolument. Tout est question d’indication : il faut savoir quand prescrire, et quand ne pas prescrire. Mais dans la vidéo, l’exemple de la Ritaline est pourtant très mauvais : le fameux « seul essai clinique mené sur 3 ans » et qui « montre que la Ritaline n’est pas plus efficace qu’un traitement comportemental sans médicaments » ne dit absolument pas cela… Le journaliste semble ne pas l’avoir lu, et en tout cas il est évident qu’il ne l’a pas compris et la cite à tort. Ce que je critique ici, c’est ça : même si dans l’idée le journaliste aborde une idée intéressante (le fait qu’on prescrive trop), il rate complètement la cible en citant de mauvais exemples mal compris.

      « Les millions de gosses sous Ritaline parce que des médecins ont conclu qu’ils étaient hyperactifs et que c’était mal, ils sont réels hein, certes ce n’est pas un problème français, mais on ne me fera pas croire que 11% des américains ont un TDAH sévère. »
      –> Déjà, la question n’est pas de croire, mais d’avoir des preuve. En l’occurrence, je n’ai pas grand chose de solide sur la pertinence de la définition, et sur la proportion de cas correctement diagnostiqué selon cette définition, donc je ne me prononce pas. Et puis le cas des Américains est différent, je l’explique un peu dans l’article.

      « L’émission nous rappelle que les médicaments ne sont pas des tic-tacs inoffensifs qui nous sont gentiment offerts de manière désintéressée. »
      –> Ce qui est un but louable. Dommage que ce soit fait d’une telle manière.

      « L’alarmisme de Datagueule est quelque chose qui leur a été reproché, ils ont travaillé là-dessus au point d’avoir même changé de format depuis maintenant plus de 6 mois, je trouve ça malhonnête de vouloir juger leur travail en novembre 2016 en se basant sur un épisode de mai 2015. »
      –> Désolé, je ne peux m’attaquer qu’aux vidéos de moins de six mois, c’est ça le seuil ? Dans ce cas, qu’ils retirent toutes les anciennes vidéos, puisqu’il n’est pas possible de critiquer ce que vous avait l’air de considérer comme des erreurs de jeunesse.

      Miastor.

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  2. Bonjour, je vous rejoins grandement sur l’introduction de votre article. La manière dont cette émission présente les faits est discutable. Cependant, je vous invite à regarder cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=oEeE9eBsTPk à propos du cholestérol; puisque vous en parler longuement. Je pense que cela pourra vous ouvrir les yeux sur les pratiques de l’industrie pharmaceutique. Il ne faut jamais sous-estimer l’intérêt économique. Après tout, il y a bien eu des études qui prouvaient que le tabac était bon pour la santé, financées bien sûr, par les industriels.

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    1. Bonjour.
      J’aurais préféré des preuves plutôt qu’un documentaire. Je ne vois pas en quoi cela pourrait m’ouvrir les yeux…
      Que les pratiques des industriels pharmaceutiques soient douteuses, c’est une évidence. Mais cela ne signifie pas forcément qu’ils ont tort. En l’occurrence, le problème cholestérol/statines, qui agite la France depuis quelques années, n’en est pas un : il s’agit d’un avis minoritaire et peu fondé, qui n’est connu du grand public qu’en raison d’un battage médiatique démesuré, disproportionné. On accorde aux médecins qui accusent les statines une trop grande importance. Comme si les journalistes, ces derniers temps, étaient à l’affût du moindre scandale potentiel.

      Miastor.

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  3. Même si je comprends le point de vue évoqué ici et la crainte de voir les propos de Data Gueule acceptés tels quels comme des vérités, je ne peux pas être totalement d’accord, notamment sur la conclusion : on ne peut pas nier que les industriels pharmaceutiques sont d’abord des entreprises privées, qui comme toutes les entreprises cherchent avant tout à être rentables, et dont on peut légitimement questionner l’objectivité et la bienveillance dans un monde économique dirigé par les actionnaires et les profits maximaux.
    Pour moi les vidéos de Data Gueule servent surtout à créer le débat, et usent, volontairement je pense, de ressorts de communication qui ne sont en eux-mêmes pas plus mensongers que tous les discours publicitaires et politiques qui sont servis en permanence, dans tous les médias.
    Bien sûr, il faut prendre du recul sur leur propos, comme il faut prendre du recul sur un industriel de pharmacie qui affirme à la télévision n’avoir que notre santé comme préoccupation, ou de voir encore aujourd’hui des médicaments sans le moindre effet être vendus avec le soutien des pouvoirs publics (j’entends pas là l’homéopathie en particulier).
    Donc, crier au scandale n’est pas une bonne solution je pense. Apporter des contre-arguments, des preuves, des sources et expliquer en quoi le discours est biaisé, oui. Mais soyons honnêtes, en titrant « manipulations et alarmisme », vous faites vous aussi dans l’alarmisme. La difficulté est toujours la même : apprendre à la masse des spectateurs à prendre du recul, à multiplier les sources, à vérifier, à réfléchir…

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    1. Bien évidemment que les industriels pharmaceutiques recherchent le profit. Je ne le nie absolument pas. Et les critiquer n’est pas un problème : ce que je reproche à Datagueule, ça n’est pas de le faire, c’est la façon de le faire. J’aurais été le premier à les soutenir s’ils avaient fait les choses comme il faut, notamment en dénonçant de vrais scandales, de vrais problèmes. Et je n’ai jamais dit que les industriels étaient objectifs ou bienveillants, je ne leur fais moi-même pas confiance. Mais il existe des organes de régulation, indépendants, qui servent de garde-fou.
      Que Datagueule essaye de créer le débat, c’est très bien. Le faire sans erreurs factuelles, sans approximations grossières et sans interprétations douteuses, ce serait mieux. Il y a beaucoup à dire sur Big Pharma, mais il faut le faire correctement.
      L’homéopathie, je la range à part, et je m’y attaquerai bientôt. Lorsque dans cet article je parle de médicaments, je ne les inclus pas.

      Miastor.

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  4. Bon article servant à nuancer l’approche. C’est vrai qu’on peut imaginer beaucoup de choses avec ces épisodes et que le ressenti du « complot » n’est par conséquent par forcément commun à tous.
    Ces épisodes peuvent faire prendre conscience d’une évolution de la société. Plus de médicaments contre le cholestérol (ou contre le risque de maladies CV liées au cholestérol si j’ai bien suivi l’article) vendus aux Etats Unis ne signifie très probablement pas une volonté des labos mais plutôt profiter d’un public large : avec un taux d’obésité des plus importants les américains sont plus vulnérables à ces maladies donc oui les groupes pharma font du chiffre dessus. Mais ils soignent ces personnes dont le mode de vie a été changé par l’évolution de la société et qui préfèrent prendre des medocs plutôt que corriger leur mode de vie (alimentation notamment) et là peut intervenir le marketing.
    Je crois qu’il y avait une autre vidéo sur les somnifères qui sont aujourd’hui très vendus (et donc où les groupes pharma font du chiffre) en conséquence d’un mode de vie où on est plus confrontés aux écrans (lumière bleue), lumière artificielle (faisant « oublier » la nuit), rythmes décales avec le travail et les transports, certains y trouveraient peut être même des causes dans l’alimentation ; en somme le medicament est une réponse simple à un problème qui n’est peut être pas la seule solution.
    Pas de complot, juste du marketing mais peu de scandale sanitaire ; ou alors peut être dans la production comme beaucoup d’autres industries qui produisent dans des pays peu/moins regardant sur la pollution.

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  5. Gamin, je ne comprenais pas la phrase de Renaud « la médecine est une putain et son macro c’est le pharmacien »… ça n’avait aucun sens pour moi. Lorsque je fus gentiment invité dans un somptueux relais château pour parler de la maladie d’alzheimer mais surtout de comment certains « troubles avant coureurs » pouvaient être « pris en charge » par de supers nouveaux médicaments, j’ai un chouilla mieux compris la phrase.

    Je suis entièrement d’accord avec l’article de ce blog qui met en garde contre l’aspect « alarmiste » du format de datagueule (enfin, il vous a également été répondu que les critiques avaient été entendues et que le format avait su évoluer, ce qui montre, en plus des sources cité sous leurs vidéos, qu’il y a une forme de réflexion), il est vrai que pris à la volée les chiffres et infos laissent un goût amer en bouche et qu’avoir un certain esprit critique permet de trier le bon grain de l’ivraie comme on dit.

    Mais ce goût est-il plus ou moins amer que les nombres de médicaments et alicaments que l’on nous vend à longueur de journée, pour notre bien ?
    Le reportage généralise la problématique financière que pose l’industrie pharmaceutique. Le citoyen malade fait confiance au prescripteur et aux médicaments (les études sur la taille, la forme, la couleur des pilules le montrent pas si mal) de là certains en profitant pour s’en mettre plein les poches et parfois sur le dos du patient. Il ne généralise pas sur les toubibs ou leur savoir faire, ni sur l’efficacité de la majorité des médicaments.

    ce qui me gène dans votre démarche c’est que vous êtes d’accord pour dire qu’une critique de l’industrie pharmaceutique est possible mais qu’il faut la faire comme il faut.
    Ce type de critique « comme il faut » ne sera ni entendue, ni relayée, ni comprise… (et je pense que vous vous en doutez. Ce n’est pas une question de complot mais de poids économique, je ne vois pas trop de différence entre le lobby des cigarettiers qui retarde des lois au maximum, celui des vendeurs de pesticides qui balancent des études scientifiques pour semer le doute ou le marketing à outrance des labos pharmaceutiques pour vendre des pilules miracles à outrances… moralement la cause est la même : le pognon en masse).

    alors voilà, d’un côté les lobbys, les gros sous et la possibilité d’infléchir un marché ou des prescriptions en jouant sur la confiance des gens dans le médecin ou le système de santé. De l’autre, les techniques médiatiques le « fameux » reportage sur le cholestérol, l’approche alarmiste de datagueule ou encore le film sur le médiator (qui à mon avis scénarise pas mal de trucs)des techniques qui jouent directement sur les émotions pour là aussi appâter le client.

    Alors oui, vous avez raison c’est honteux de jouer sur la peur des gens. Mais ça ne veut pas dire que jouer sur leur confiance est un meilleur procédé.
    critiquer les labos pharmaceutiques avec des armes scientifiques cela reviendrait à dire qu’il est possible de leur faire sans jamais être soumis à aucun pression, sans compromission des publications scientifiques, sans argent public en jeu (parce que, perso sur le cholestérol, ce que je vois c’est que l’on peut émettre un doute raisonnable, du moins ce dire que des labos, des médecins se sont gentiment gavés au passage… avec une partie de l’argent public) et avec un soutient médiatique qui sera fort et entendu, afin d’informer le citoyen en cas de soucis.
    personnellement je ne pense pas cela possible.

    Maintenant, il me semble surtout que si datagueule pointe cela (en mal pour vous, en mode « ça fait du bien » pour d’autres) c’est qu’il y a un manque de connaissance flagrant des enjeux (en terme d’argent mais également de santé). ça montre que l’on consomme toujours énormément de médicaments alors que la durée de rendez-vous chez un médecin généraliste ne me semble pas augmentée (et, sans tomber dans l’induction à outrance, le dernier pharmacien que j’ai vu à l’oeuvre faisait plutôt de la retape pour des compléments alimentaires de M… à des personnes âgées que de l’aide à la compréhension) et qu’il n’y a ni information, ni formation à ce sujet.

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  6. Bonjour,

    Ce qui est bien (ironie) avec cet article c’est que la nature même de cet article est fondamentalement, ce qu’il dénonce.

    Car dans l’article comme dans la vidéo, vous utilisez dans le sens que vous voulez des faits en négligeant le reste.

    Maintenant si votre but est d’ouvrir un débat, je vous suggère de faire au moins comme dans la vidéo et de finir par une ouverture et non par une affirmation.

    Car de votre affirmation beaucoup de chose peuvent être dites. Mais de votre but en écrivant cet article est incertains.

    Pourquoi avoir écrit cet article ?

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