Théorie de l’évolution : les contre-arguments pourris.

Avant de vraiment aborder l’évolution (et surtout ceux qui s’y opposent), j’aimerais d’emblée évacuer les arguments idiots que certains utilisent pour la nier.

Je fais ça pour me débarrasser, il n’y a pas grand-chose à dire là-dessus, mais si vous pourrez constater qu’il s’agit des arguments les plus fréquents…

 

Un argument sémantique : « l’évolution n’est qu’une théorie ! ».

On joue sur les définitions. La théorie de la gravitation aussi est une théorie, mais peu de gens tentent de la nier (il y a bien les platistes, mais c’est une autre histoire).

En fait, le problème est que le mot théorie a deux acceptions : une courante, une scientifique.

En français courant, on utilise le terme de théorie pour parler d’une hypothèse non prouvée.

TLFi : Péj. Ensemble de spéculations, d’idées gratuites ou irréalistes exprimées de façon sentencieuse ou pédante et présentées de manière plus ou moins scientifique.

En science, ça n’est pas du tout le cas. Une théorie est une idée solide, basée sur des hypothèses testées et validées, et formant un système cohérent permettant à la fois d’expliquer et de prédire des évènements et des situations.

La théorie de la gravitation, même si elle n’est pas complètement correcte, rend bien compte de la mécanique et permet d’expliquer et de prédire de manière satisfaisante le mouvement des objets sur Terre, et le mouvement des astres dans le ciel.

La théorie de l’évolution, de la même manière, explique les similitudes entre différentes espèces, mais aussi peut prédire des choses, par exemple la résistance des bactéries à des antibiotiques.

 

 

Un argument physique : « l’évolution viole le second principe de la thermodynamique ! ».

Elle est généralement énoncée ainsi : « dans un système, le désordre ne peut que croître ».

Ce qui déjà n’a aucun sens en physique, mais passons.

Selon certains, donc, le désordre ne pouvant que croître, la complexification des espèces est impossible : l’entropie ne peut qu’augmenter, hors l’évolution est ordonnée, donc elle contredit cette loi de la physique.

Une première erreur est celle-ci : cette loi n’est valable que pour des systèmes fermés. Ni les êtres vivants ni même la Terre ne sont des systèmes fermés. Ce sont des systèmes ouverts, car ils échangent avec leur environnement. Ainsi, un être vivant reçoit des apports d’énergie et de matière, et fournit du travail mais également de l’énergie et de la matière (sous une autre forme et dans des quantités différentes, évidemment).

Pour le résumer, si la Terre et ses habitants créent de la complexité, c’est parce qu’ils causent une augmentation du désordre par ailleurs en captant de l’énergie.

Une deuxième erreur est de considérée que l’évolution créé de la complexité et non de la simplification. En fait, l’évolution peut très bien faire les deux. Encore qu’il est difficile de définir ce qu’on appelle la complexité…

Quoi qu’il en soit, à aucun moment l’évolution ne contredit le second principe de thermodynamique. Tant qu’on apporte de l’énergie (ce que fait le Soleil, ou même le noyau de la Terre), il est possible d’abaisser l’entropie, de créer de l’ordre.

 

 

Un argument mathématique : « la probabilité qu’une protéine apparaisse par hasard est bien trop faible ! ».

Exemple : le gène de l’insuline produit une chaîne de 110 acides aminés, qui sera ensuite coupée et assemblée en une protéine de 51 acides aminés. Puisqu’il existe vingt acides aminés différents, la probabilité qu’une chaîne aléatoire produise de l’insuline est de 1 sur 20110 (soit environ une chance sur 1043, c’est-à-dire sur 1 suivi d’une quarantaine de zéro).

Autant dire que mathématiquement, une protéine ne peut pas apparaître par hasard.

Mais qui a dit que les protéines apparaissaient par hasard ?

Déjà, il y a un gros problème de raisonnement : il s’agit d’un raisonnement à rebours. Calculer la probabilité d’apparition de quelque chose qui existe déjà est absurde puisqu’il existe déjà.

Prenons une comparaison tout aussi absurde : quelle est la probabilité que vous soyez né telle minute de telle heure de tel jour de telle année ?

Depuis les débuts de l’humanité, il s’est écoulé 200 000 ans, soit 105 120 000 000 minutes. La probabilité que vous soyez né au moment où vous êtes né est donc d’une sur 100 milliards.

Improbable ? Et pourtant vous êtes là.

Calculer des proba à rebours est une absurdité.

Ensuite, personne ne dit que les protéines apparaissent par hasard, ni qu’elles doivent fondamentalement être ce qu’elles sont : l’insuline de porc, par exemple, est différente de celle de l’humain mais fonctionne tout aussi bien.

 

Un argument historique : « oui mais Darwin a dit que X ».

Les opposants à l’évolution citent très souvent Drawin. Ils sont bien les seuls.

Darwin a publié son livre L’Origine des espèces en 1859. Il a plus de cent cinquante ans. Plus aucun scientifique n’y fait référence : il est complètement dépassé.

Pour vous donner une idée, le néodarwinisme s’est développé à partir des années vingt. La pensée de Darwin commençait déjà à devenir obsolète à ce moment-là.

Citer Darwin n’a plus aucun sens. Critiquer la théorie de l’évolution en critiquant Darwin, c’est un peu comme critiquer l’informatique en parlant des automates à vapeur.

Je n’ai jamais lu Darwin, et je ne connais personne qui l’ait fait.

 

 

Un argument expérimental : « on n’a jamais pu voir l’évolution de nos propres yeux ! ».

Pas de bol, mais si.

Je préfère ne pas aborder l’évolution des êtres unicellulaires, qui est évidentes mais que certains rejettent (l’adaptation aux antibiotiques, sélection humaine des bactéries, est niée car elle ne serait pas une évolution mais une dégénérescence : c’est oublier un peu vite que « dégénérescence » n’est rien d’autre qu’une évolution à laquelle on a collé une étiquette morale).

Il y a cependant de nombreux exemples d’évolution visibles à l’échelle humaine. Voici quelques exemples en vrac, bien connus :

  • Les races animales sélectionnées par l’homme. L’exemple le plus flagrant est le chien, puisqu’en quelques générations des transformations très importantes apparaissent. On me répondra qu’ils peuvent toujours se reproduire entre eux, qu’aucune espèce n’a été créée, mais la spéciation proprement dite reste observable à échelle humaine : la souris de Madère en est un bon exemple, en cinq siècle seulement. Le moustique du métro de Londres en est un autre, en à peine plus d’un siècle.
  • Le lézard de Podmrčaru : introduit sur l’île en 1972 et réétudié seulement en 2008, on a pu constater que la population avait changé sur de nombreux points pour s’adapter à son nouvel environnement.
  • La phalène du bouleau, dont les populations se sont transformées au cours de la révolution industrielle : initialement blanches (leur permettant d’échapper aux prédateurs en se fondant sur l’écorce blanche de ces arbres), elles sont devenues noires lorsque la pollution a noirci les arbres, et sont redevenus blanches lorsque la pollution a diminuée.

J’écrirai un jour un article sur ces preuves expérimentales de l’évolution.

Quoi qu’il en soit, il existe des preuves expérimentales (soit des constats à l’échelle humaine, soit des expériences volontairement réalisées par des chercheurs). Mais quand bien même : l’absence d’évolution visible ne remettrait pas en cause la théorie de l’évolution, qui serait valide même uniquement avec des preuves de génétique, de paléontologie, etc.

 

 

Conclusion.

À côté de ces arguments pourris (qui sont pourtant les plus fréquents), il existe des arguments plus intéressants à décortiquer.

Pour rappel, l’opposition à la théorie de l’évolution est presque toujours religieuse. De là à dire que ce rejet est idéologique, qu’il s’agit d’un rejet par principe et non un rejet argumenté, il n’y a qu’un pas.

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Une réflexion sur « Théorie de l’évolution : les contre-arguments pourris. »

  1. Bonjour,
    C’est en toute humilité que je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous, l’adresse d’un article de mon blog dans lequel est reprise, tout d’abord pour être comprise de tous, puis dans de larges extraits un peu plus « savants », l’histoire positive du développement primitif démontrée par le développement embryonnaire ou, si l’on peut dire, l’Histoire de nos véritables origines, celle de nos racines, de notre arbre généalogique.
    Elle ne concorde pas avec la théorie de Darwin qui a été réfutée depuis longtemps déjà par tous les anatomistes.
    Peut-être aurez-vous la curiosité d’aller y voir de quoi il retourne.
    Dans ce cas, bonne lecture.
    https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.fr/2017/06/nos-veritables-origines-nos-racines.html
    Cordialement.

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